Compte-rendu de l’expédition 3B7A

by / vendredi, 10 août 2018 / Published in Non classé

par Diégo F4HAU

 

Chapitre 1: Un nouveau challenge

 

Les mots qui suivent sont le récit d’un membre de l’équipe sous la forme d’un journal de bord tenu au quotidien pendant l’expédition.

Je vais essayer à travers mes souvenirs, mes sentiments, de vous raconter la merveilleuse aventure de 3B7A sur l’île du Sud dans l’archipel de St Brandon.

 

Après le succès incontestable de FT4TA Tromelin 2014, FT4JA Juan de Nova 2016, l’équipe décide de relever ce challenge.

Toute cette formidable opération fût pilotée à la perfection par Sébastien F5UFX et Florent F5CWU, et a bénéficié de l’expérience confirmée de Vincent F4BKV. Michel F6AGM nous a conseillé sur la base de ses souvenirs de 3B7C en 2007.

 

Chapitre 2: Le rendez-vous tant attendu

 

Nous sommes le dimanche 1er avril 2018, l’équipe s’est donné rendez-vous à l’aéroport d’Orly.

Malgré quelques difficultés de transport qui auraient pu compliquer notre planning millimétré, tout le monde arrive dans l’après-midi, souriant, prêt à partir pour de nouvelles aventures !

Patrick F2DX en profite pour nous présenter Jean-Baptiste F8DQL, qui gentiment, s’est dévoué pour nous aider à maintenir le site internet à jour pendant notre absence.

Laurent F8ATM, notre nouveau « Rookie » a rejoint l’équipe et c’est avec un grand plaisir que nous l’accueillons !

Après une check-list validée et une répartition au gramme près, nous déposons toutes nos valises pleines de matériel un peu fragile. L’embarquement est annoncé pour le plus grand plaisir de l’équipe.

Rendez-vous dans quelques heures dans l’océan Indien !

 

Une fois installés à nos places, une longue attente en bout de piste nous interpelle. L’atmosphère devient pesante en l’absence d’annonce. Un problème technique est finalement confirmé et ne pourra malheureusement être réglé le soir même. L’équipage nous informe de l’annulation du vol et nous demande de quitter l’appareil. Il sera finalement reporté au lendemain soir.

 

Lundi 2 avril 2018

Vincent F4BKV, parti directement de Barcelone quelques jours plus tôt, est déjà sur place à Maurice. Il avait prévu une escapade à Rodrigues (3B9) le temps du weekend.

 

Après une courte nuit, nous repartons donc le midi de l’hôtel pour l’aéroport de Paris Orly afin de prendre le nouveau vol de 18 heures. Avec ce contretemps de 24h, le timing se resserre, la pression monte, mais le moral de l’équipe est excellent.

C’est avec soulagement que nous décollons vers 18 heures en direction de l’Océan Indien, les yeux rivés sur les écrans tandis que d’agréables pensées vers nos familles surgissent. Des interrogations subsistent, des points cruciaux restent à traiter avant le départ du premier bateau… mais la fatigue l’emporte…

 

Cap en direction de l’archipel des Mascareignes, autrefois « Isle de France », plus communément appelé par les locaux Créoles « Moris » ou « Mauritius » suite à la colonisation anglaise.

 

Mardi 3 avril 2018

Nous arrivons à l’île de La Réunion pour une escale de transit. La vue depuis le ciel est bouchée et ne nous laisse pas contempler les magnifiques sommets montagneux et les multiples habitations qui suivent les flancs des ravines. Nous subissons alors un deuxième report de vol qui nous oblige à réorganiser rapidement quelques points logistiques avec Vincent F4BKV par téléphone. Grâce à sa réactivité et à l’aide d’un ami mauricien, nous organisons à distance notre transfert de l’aéroport vers la zone portuaire ainsi que l’achat de quelques équipements nécessaires à la bonne réussite de l’expédition.

La pression monte d’un cran mais nous restons lucides et gardons espoir que la compagnie trouve rapidement une solution. Cela sera chose fait plus tard dans la matinée, et nous arrivons finalement à destination avec un retard de 27h ! Sitôt à l’aéroport, nous partons alors directement en taxi rejoindre le port de l’autre côté de l’ile. Notre premier bateau quitte Maurice le soir même…

 

 

Notre marge de manœuvre étant donc réduite à néant, Florent F5CWU et Pascal F5PTM embarquent immédiatement sur un des bateaux de pêche « Raphaël Fishing Company ».

Ils emportent avec eux des vivres, de l’eau, du carburant, une quantité faramineuse de glace pour les futures pêches de l’équipage, mais également et surtout nos caisses d’équipement envoyées plusieurs semaines auparavant.  Chacune a été déballée et chaque pièce du puzzle une nouvelle fois pointée et vérifiée pour être certain que rien ne manque ou ne soit endommagé.

Quel formidable travail en amont de Florent F5CWU sur les points logistiques, épaulé pour l’administratif par Patrick F2DX. De nombreux points de blocage ont été rencontrés et gérés tout au long des mois de préparation, mais leur obstination a payé et nous y sommes enfin. Les autres tâches étaient réparties entre les différents membres de l’équipe, le tout orchestré par notre leader Sébastien F5UFX.

Avant notre départ de métropole, plusieurs mois durant, tous les membres de l’équipe se sont impliqués dans le test et la configuration des stations, notamment les SunSDR2 PRO sur lesquels nous avons misé pour cette expédition.  Une expédition 100% SDR, le pari est osé, cependant nous avions déjà de nombreuses retours positifs (dont celui de nos propres pré-tests depuis FT4JA).

 

Nous avons éprouvé également nos équipements annexes tels que les filtres de bande LBS, nos coaxiaux « Messi& Paolini », les ordinateurs portables lors de Contests pour approuver leur fiabilité et s’accoutumer à leur utilisation.

 

Concernant les aériens, nous avons de nouveau opté pour les VDA construites par Vincent F4BKV, et la configuration bandes basses « habituelle » qui ont fait leurs preuves lors de nos dernières expéditions dans des conditions semblables.

Notre seule grosse inquiétude portait sur l’électricité. Dans quel état sont les groupes électrogènes loués ? Comment ont-ils été réellement entretenus et dans quelles conditions ont-ils travaillé ? Sur les îles, le matériel souffre.

 

A la différence de FT4JA où nous avions des groupes électrogènes neufs, testés, approuvés et entretenus par nos soins, cette fois-ci nous faisons face à une toute autre configuration. Imaginez faire confiance à du matériel qui est la clé de voute de toute la mission mais qui ne passe pas entre vos mains…Nous ne voulions pas prendre de risque, aussi nous avions prévu plusieurs solutions de « secours » tout en gardant un œil sur nos dépenses.

Comme dit le proverbe : Prudence est mère de Sûreté !

 

 

Chapitre 3: We are ready!

 

Jeudi 5 avril 2018

Le gros de l’équipe est toujours à Maurice, et la journée commence par plusieurs bonnes nouvelles !

Florent F5CWU et Pascal F5PTM sont bien arrivés dans la nuit et ont débarqué au petit matin sur l’île du Sud après 26 heures de mer formée. Le site est conforme aux photos avec lesquelles nous avons travaillé.

Ils ont déjà pu mettre en route et tester les groupes électrogènes, ce qui nous rassure tous.

Arrive enfin notre tour d’embarquer pour Saint Brandon ! Notre sympathique bateau de pêche se nomme le « Paille en queue », en référence à ces magnifiques oiseaux de l’océan indien.

Vendredi 6 avril 2018

11 :30 TU… après 26 heures de traversée, nous distinguons au loin des îles et l’épave imposante d’un bateau échoué sur le récif.

Nous y sommes ! Pour le grand plaisir de l’équipe, l’île du Sud de l’archipel St Brandon apparaît timidement au-dessus de la barrière de corail où le lagon rayonne de son bleu turquoise.

Cet archipel, composé de bancs de sable et d’îlots est également connu sous le nom Cargados Carajos.  Il est situé à environ 420 kms de l’île Maurice et géré par « Raphaël Fishing Company » depuis 2008.

 

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L’île est assez sommaire. C’est une longue langue de sable sur laquelle poussent principalement des veloutiers et où nichent à l’année des milliers d’oiseaux.

Près du logement des trois garde-côtes, quelques palmiers se dressent et dessinent une allée que finalement peu de monde emprunte, l’île n’étant habitée en temps normal que par les quelques employées de Raphaël Fishing. Ce petit paradis est un havre de paix pour les espèces nicheuses qui viennent s’y reproduire.

Nous avons pu observer principalement deux espèces marines, le Noddi brun (Anous Stolidus) ainsi que la Gygis blanche ( Gygis Alba) avec qui nous avons coexisté tout au long du séjour. Comme à notre habitude, nous avons fait en sorte de minimiser nos déplacements et limiter le déploiement de matériel afin de ne pas déranger les oiseaux qui nichaient, parfois au plus près de nous. Nous avons déclaré nous-mêmes certaines zones interdites d’accès en raison du grand nombre d’oiseaux nichant souvent à même le sol. Plusieurs femelles couvaient même leurs œufs sur les rebords des fenêtres de notre petite maison. Vers la fin du séjour, plusieurs naissances ont eu lieu…. Instants magiques !

Force est de dire que sur cet archipel c’est bien l’Homme qui séjourne avec les oiseaux et non les oiseaux qui séjournent avec l’Homme ! Nous vivons temporairement chez eux par conséquent soyons humbles et respectueux de leur territoire.

Le RESPECT de la Nature est une valeur primordiale et fondamentale de l’équipe.

R comme Recherche des lieux où nous projetons nos expéditions pour étudier une faisabilité et l’impact que nous pouvons y avoir.

E comme Environnement pour éviter au maximum d’impacter la Nature et les organismes vivants des lieux visités.

S comme Savoir-faire comme nos précédentes expéditions en partenariat avec la Collectivité Territoriale des TAAF par exemple, nous avons su démontrer notre sérieux et nos compétences.

P comme Professionnalisme car malgré cette passion « amateur » dévorante, nous savons faire face à n’importe quelles problématiques et contraintes.

E comme Ecoute car pour obtenir le droit de concrétiser un projet il faut prendre en considération les conseils des experts et sachants.

C comme Cohabitation car là où nous allons il est capital d’être capable de coexister avec la Faune et la Flore.

T comme Transparence car nous transmettons toutes documents ou pièces nécessaires pour prouver notre bonne foi et nos règles de conduite.

 

Rapidement nous débarquons et observons déjà quelques VDA et les cannes du Four Square 30m sur la plage Nord de l’île. Au sol d’autres antennes attendent d’être érigées. Excellent travail de Florent F5CWU et Pascal F5PTM qui avaient déjà bien avancé le montage des aériens.

Le moral est bon, la motivation est au rendez-vous, la cohésion du groupe se tisse à nouveau. Sans perdre une minute, l’équipe s’installe et le travail se met en place malgré une chaleur écrasante.

Enfin nous y sommes ! Le premier QSO est réalisé sur 20M SSB à 19:00 TU avec EA7/OH3ELB. Nous attaquons également sur 17M SSB, 40 CW et 30M RTTY.

Les regards se croisent, les sourires se dessinent, les pile-up s’intensifient, la concentration s’installe malgré la fatigue et les 30 degrés dans le patio.

Samedi 7 avril 2018

Il est 04:00 TU.Gil F4FET nous annonce que le Four square au bord de l’eau fonctionne à merveille et profite d’une large propagation vers les USA au lever du soleil. C’est une excellente nouvelle !

Avant que les températures grimpent nous nous hâtons de monter la verticale 80M, la verticale 160m, et de mettre en place les Beverages. L’objectif étant de commencer les bandes basses sans perdre de temps.

La journée fut excellente malgré des prévisions de propagation pas très positives. A 20:30 TU, le compteur affiche déjà 9000 QSO. Nous sommes très satisfaits et encouragés par ces résultats des premières heures.

 

Dimanche 8 avril 2018

Cette journée est marquée par l’anniversaire de Patrick F2DX qui fête ses 60 bougies au sein de l’équipe sur une magnifique île perdue dans l’océan Indien. Après une courte pause familiale et le débriefing du midi, nous retrouvons nos SunSDR2 PRO qui fonctionnent merveilleusement bien (pour un poids défiant tout autre transceiver !).

Les préréglages réalisés en amont donnent satisfaction. La prise en main en expédition se fait naturellement d’autant que les principaux réglages sont accessibles depuis le E-codeur (boitier VFO USB), accessoire ludique et fonctionnel.

L’association des SDR est parfaite avec nos amplis EXPERT SPE 1.3K quel que soit le mode de trafic.

La visualisation des pile-up via le spectre affiché à l’écran est impressionnante mais surtout extrêmement utile pour gérer le trafic. Nous sommes bien là et nous allons donner le maximum pour la communauté radioamateur du monde entier.

 

Par ailleurs, nous observons d’excellentes ouvertures sur l’Europe et vers nos amis Japonais qui arrivent très fort tout au long de la journée sur plusieurs bandes. Le soir vers 17:00 TU nos amis Américains sont là pendant de courts créneaux sur 17m et 20m, mais parfois avec de très bons signaux.

Le 80m et le 160m ont très bien fonctionné également. La propagation sur les bandes hautes est conforme à nos attentes. Nous passons le cap des 15000 contacts dans la soirée.

 

Notre Chef Pilote, Michel F6AGM, nous transmet d’importantes informations en fonction des retours des autres pilotes. Ainsi, nous pouvons ajuster notre trafic au mieux en fonction des conditions réelles de propagation et de vos observations.

 

Tandis que certains trafiquent d’autres en profitent pour améliorer quotidiennement nos antennes de réception. Nous peaufinons nos beverages et décidons d’installer en complément un phasing de Flags  avec nos systèmes KD9SV sous une chaleur étouffante. Des dipôles verticaux sont également ajoutés pour faire du IN-Band sur 20M et 15M qui sont les bandes les plus productives. Nous devons être présents à chaque ouverture possible pour donner une chance à tous, en particulier pour les zones les plus difficiles.

 

Lundi 9 avril 2018

La nuit passée a été difficile et les conditions sur les bandes hautes sont loin d’être identiques aux jours précédents.

Les stations nord-américaines éprouvent des difficultés avec des créneaux qui se réduisent faute de propagation. Nous en sommes bien conscients et redoublons d’attention dans l’orientation de notre trafic.

Les pile-up JA, EU, NA se suivent et se superposent rendant parfois la gestion un peu compliquée.

Nous passons le cap des 25000 QSO en saluant notre copain Cédric F5UKW qui était notre station pilote lors de FT4JA.

 

Mardi 10 avril 2018

Les bandes basses ont été productives avec l’ensemble des continents, mais nous subissons toujours des difficultés sur les bandes hautes, particulièrement en SSB. Mais ne comptez pas sur nous pour jeter l’éponge !

 

Mercredi 11 avril 2018

Les conditions évoluent positivement, notamment sur le 10m qui était sous surveillance ces derniers jours. Enfin, nous pouvons l’utiliser et enchainons les liaisons en CW et SSB. A l’opposé, le 20m et 17m se ferment prématurément coupant court à nos espoirs qu’ils puissent être exploités une bonne partie de la nuit.

Jeudi 12 avril 2018

La fatigue se fait évidemment sentir. Depuis une semaine nous ne dormons que par séquences de quelques heures dans la chaleur. Assurément la cohésion du groupe et l’attention des uns envers les autres est omniprésente ce qui permet de combiner ambiance décontractée et efficacité durant nos shifts.

 

Nous entrons dans une période de forte marée montante. Installés à même la plage, nous sommes contraints de porter une surveillance particulière à l’haubanage de nos antennes implantées au bord du lagon. Certains ont même dû être revus ou renforcés en urgence par moment.

 

Sébastien F5UFX nous rappelle continuellement les consignes et les créneaux à ne pas oublier vers telle ou telle région du globe. Les prévisions VOACAP présentées sous forme de tableaux préparés par Patrick F2DX sont posées devant chaque station. A telle heure sur telle bande, nous savons où orienter le trafic.

Les signaux 80m sont faibles et le bruit de bande important. Sur 160m nous approchons la barre des 1000 contacts.

 

Hélas, comme dans chaque expédition, nous subissons du DQRM, rendant parfois les pile-up difficiles à contrôler. Ceci est particulièrement dommageable alors que le 40m et le 20m par exemple sont des bandes propices à offrir de nombreux ATNO. Nous ne pouvons que regretter et condamner ces comportements.

 

Tout au long de la journée, Laurent F8ATM et Gil F4FET noircissent le log en RTTY à un rythme soutenu, bien aidés par la visualisation spectrale du SDR.

Nous approchons les 50 000 Qso et il va falloir continuer les efforts pour atteindre l’objectif des 70 000 Qso !

 

Vendredi 13 avril 2018

La marée est toujours forte et les vagues viennent lécher les marches de notre petite maison. Le contrôle de l’arrimage des antennes devient plus régulier pour anticiper tout problème dans la dernière ligne droite de ce week-end.

Les conditions de propagation demeurent moyennes mais la persévérance nocturne des graphistes paye ; la barre des 1000 contacts sur la Top Band est passée !

Le 20m a été également prolifique avec les stations américaines ainsi que le 80m en CW/SSB. Les 15 et 12m sont plutôt bons ; étrange comment d’un jour à l’autre les conditions de propagation évoluent.

À 19:00 TU nous flirtons avec les 55 000 QSO et nous sommes bien décidés à ne rien lâcher !

 

 

Samedi 14 avril 2018

Le moral de l’équipe est au beau fixe malgré les difficultés et la fatigue. Nous voulons donner notre maximum pour ce dernier week-end !  Force est de constater que le rendement est souvent plus important en graphie qu’en phonie. C’est évidemment d’autant plus vrai lorsque nous visons les zones les plus éloignées et avec les plus petits signaux. Dès lors, nous n’hésitons pas à laisser certaines bandes aux graphistes pour en tirer le maximum.

Les week-ends sont idéaux pour donner une dernière chance à tous ceux qui n’ont pas encore eu l’opportunité de nous contacter. Malheureusement, ce samedi soir là, les conditions sont particulièrement mauvaises, le 17m et 20m se ferment subitement assez tôt.

Sébastien F5UFX, Patrick F2DX, Florent F5CWU et Pascal F5PTM donnent leur maximum en CW, malgré les perturbations et ceux qui s’obstinent à appeler alors qu’on demande un QRX. Certains sont têtus, nous aussi !

 

J’en profite pour vous faire part des quelques observations ci-dessous. Celles-ci résultent de nos expériences au fils de nos expéditions et sont partagées par tous les opérateurs du groupe. Elles sont à interpréter positivement un peu comme des annotations constructives :

 

  • Nous laissons volontairement un split assez large afin que les stations ayant de petites installations puissent nous contacter. C’est souvent leur seule chance.
  • En SSB, beaucoup de fréquences entre les points 0 et les points 5 sont peu utilisées. Depuis la maison nous avons l’impression qu’il y a du monde partout dans le pile up… il n’en est rien ! Les DX’ers s’attroupent par pas de 5khz ce qui n’aide pas à fluidifier le trafic. Utilisez tout le split, et pas seulement les .0 et .5 !
  • Parfois, le rythme baissait un peu parce que nous étions à la recherche de petits signaux. Autant dire que certains peuvent dire merci à la visualisation spectrale du SDR, jamais le VFO ne serait tombé dessus juste à l’oreille.
  • Donner son indicatif complet aide grandement les opérateurs, évite les erreurs de saisie, l’agacement et permet de garder sa concentration. Certains, particulièrement en Europe, donnent quelques lettres du milieu de leur indicatif pour appeler une station DX. C’est contre-productif quel que soit le mode !
  • Les demandes de QRX pour écouter un continent en particulier ne sont pas faites pour ennuyer les gens !

Nous comprenons qu’il puisse être frustrant en rentrant du travail d’écouter une station DX avec de gros signaux vers un trafic orienté sur un autre continent mais c’est le jeu. Certaines zones du monde doivent se contenter d’une ouverture d’une heure et nous nous faisons forts de donner à chacun une chance.

N’hésitez pas à consulter des sites de prédictions de propagation.

 

Dimanche 15 avril 2018

Tandis que certains d’entre nous continuent le trafic, d’autres commencent le démontage. Nous ne laissons que quelques antennes qui seront utilisées par les deux opérateurs qui partiront deux jours plus tard avec l’autre bateau. Il convient donc de tout ranger proprement afin que tout puisse rentrer dans les caisses pour le trajet retour. Une fois au port, nous n’aurons pas le temps de tout reconditionner.

Dans la soirée nous passons le cap des 69 000 QSO, l’objectif informel de 70 000 Qso est dans la ligne de mire !

 

Lundi 16 avril 2018

Voilà, c’est le grand jour du départ pour la majorité de l’équipe ! Ils quittent l’ile en début de matinée nous laissant Gui F4FET et moi Diégo F4HAU seuls avec nos trois amis pécheurs mauriciens.

 

Soudainement, un silence et un vide s’installent…

La tranquillité habituelle de ces lieux resurgit et c’est aussi agréable que perturbant.

Cependant, les copains nous ont confié la mission d’aller au-delà des 70 000 contacts et de replier le matériel restant. Il nous reste donc encore du boulot ! Nous repartons à nos postes de trafic pour vivre nos derniers instants sur ce IOTA perdu au beau milieu de l’océan indien.

Contacté sur 30m RTTY, PA0MDB sera notre 71 158ème et dernier QSO.

Nous éprouvons tous un sentiment général de soulagement, de satisfaction et de joie. Toute cette aventure fut menée en groupe, et quel groupe !

 

Mercredi 18 avril 2018

Une fois les caisses transférées du rivage jusqu’au bateau de Raphaël Fishing, nous quittons St Brandon et mettons le cap sur Maurice. Nous voilà partis pour 26 heures de mer en compagnie d’un équipage de pêcheurs, avec une forte houle qui, comme à l’aller, travaille nos estomacs.

 

Jeudi 19 avril 2018

Nous arrivons à Port Louis au petit matin, les copains nous y attendent. Sans perdre de temps, il nous faut décharger le bateau et conditionner nos caisses. Le matériel est étalé sur le quai et un dernier pointage est effectué pour s’assurer que le colisage est conforme aux documents d’import/export. Enfin, nous les scellons pour le transport aérien vers la métropole.

Chapitre 4: Remerciements

 

Nous tenons très sincèrement à remercier tous nos sponsors pour leur confiance et leur fidélité ! Bien que chaque opérateur finance de ses propres deniers son voyage, son logement et une partie importante des frais liés à l’expédition, une autre partie non-négligeable est couverte par les sponsors, qu’ils soient professionnels, associations & clubs, et individuels. Autant dire que ces soutiens sont indispensables dans ce type d’aventure et nous tenions à tirer notre chapeau envers tous ceux qui se sont investis de près ou de loin pour la réussite de ce projet.

Merci également à nos stations pilotes (F6AGM, N6PSE, JJ3PRT, LU5FF, ON9CFG), nos familles et amis qui ont toujours répondu présent quand nous en avions besoin.

Au nom de l’équipe, j’écris ces derniers mots pour saluer et remercier Sébastien F5UFX, Florent F5CWU, Vincent F4BKV et Patrick F2DX pour leur travail remarquable afin que ce projet devienne une réalité. J’en profite également pour remercier le reste de l’équipe composée de Pascal F5PTM, Laurent F8ATM, Gil F4FET et bien évidement en soutien Jacques F6BEE et Michel F6AGM.

 

J’apprécie cette véritable famille que nous sommes devenus au fil de nos aventures. Merci pour ces bons moments passés entre nous dans ce lieu si paisible, merci pour l’attention que chacun porte aux autres.

 

Une seule question me trotte depuis notre retour…cette cohésion et cette envie d’aller toujours plus loin, plus fort… où nous portera-t-elle la prochaine fois ?

 

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